vendredi 18 septembre 2026
FUNGIFUTRE : Mycelium Paper - transformer les résidus agricoles en papier à base de mycélium
Une alternative à la pâte de bois qui transforme des résidus agricoles grâce à la fermentation du mycélium.
Mycelium Paper développe un matériau destiné au packaging et à la papeterie à partir de résidus agricoles, notamment de paille et de son. Le procédé repose sur la fermentation du mycélium et permet de remplacer la pâte de bois utilisée dans la fabrication conventionnelle du papier.
Déjà commercialisée, la solution associe une structure mono-matériau, un procédé sans liant chimique et une fin de vie compostable.
Des résidus agricoles comme matière première
Mycelium Paper utilise des résidus agricoles comme substrat pour la croissance du mycélium.
Le matériau obtenu est composé à 100 % de mycélium, sans plastique ajouté, adhésif ni liant chimique. Cette approche permet de remplacer la pâte de bois et de valoriser des résidus agricoles qui peuvent autrement être brûlés.
La matière présente également une texture naturellement veloutée et peut intégrer des effets de gaufrage, tout en conservant les propriétés visuelles et tactiles recherchées pour les packagings premium.
Un procédé basé sur la fermentation
Contrairement à la fabrication conventionnelle du papier, le procédé ne repose pas sur une cuisson alcaline à haute température ni sur un blanchiment au chlore.
Le mycélium est cultivé sur les résidus agricoles dans des chambres de fermentation contrôlées, à une température comprise entre 25 et 30 °C.
Selon Mycelium Paper, ce procédé permet de réduire :
la consommation d’énergie de 60 % ;
la consommation d’eau de plus de 80 % ;
les émissions de CO₂ de 75 % par rapport à un papier conventionnel.
Les résidus de biomasse et de substrat issus de la production sont ensuite compostés pour être transformés en fertilisant organique.
Une solution adaptée au packaging
Le matériau peut être utilisé pour créer des structures monoblocs sans colle, limitant le recours à des inserts ou séparateurs supplémentaires.
Il est compatible avec des opérations existantes de transformation du papier, notamment la découpe, le gaufrage et le laminage, sans nécessiter de modification des lignes correspondantes.
Les formats peuvent également être conçus à plat et assemblés à la demande, afin de réduire le volume nécessaire au stockage.
Une production déjà à l’échelle industrielle
Mycelium Paper annonce une capacité de production de 3 000 tonnes par an, correspondant à un niveau de maturité TRL 9.
Le cycle de production est actuellement compris entre 10 et 14 jours, avec des travaux de R&D visant à le réduire à sept jours.
La matière première est principalement sourcée auprès d’exploitations agricoles situées dans un rayon de 50 km autour des sites de production, afin de rapprocher l’approvisionnement de la fabrication.
Une matière remoulable et compostable
Après utilisation, Mycelium Paper peut être remoulé avec de l’eau puis séché pour former de nouvelles pièces. Selon l’entreprise, le matériau peut ainsi connaître au moins trois cycles de réutilisation avant sa dégradation.
En fin de vie, sa composition mono-matériau ne nécessite pas de séparation entre différents composants. Le matériau est annoncé comme compostable à domicile et biodégradable en 90 jours, pour être transformé en matière organique.
Une approche qui associe valorisation de résidus agricoles, biofabrication et conception mono-matériau pour proposer une nouvelle voie à la fabrication de supports papier.